Où sont mes avoirs

Fondation institution supplétive LPP : là où atterrissent les avoirs oubliés

C’est la caisse de dernier recours du système suisse. Elle conserve, parfois pendant des décennies, l’argent de prévoyance que plus aucune autre institution ne pouvait recevoir.

Démarche officielle expliquéeRecherche élargieGratuit
2 800recherches par mois en Suisse sur la Fondation institution supplétive LPP
4 290recherches par mois sur ces organismes
6 sem.délai moyen de la démarche officielle
1 500+caisses que nous interrogeons en plus

Une caisse créée par la loi, pas par un employeur

La Fondation institution supplétive LPP n’est pas une caisse de pension comme les autres. Aucun employeur ne l’a fondée, aucun assureur ne la commercialise : elle a été instituée par la loi fédérale sur la prévoyance professionnelle pour combler les trous du système. Sa raison d’être tient en une phrase : faire en sorte que personne ne sorte du 2e pilier par accident.

Elle intervient chaque fois qu’une pièce du dispositif manque. Un employeur qui néglige de s’affilier à une caisse, un chômeur qui perd sa couverture décès et invalidité, un indépendant qui veut rester assuré à titre volontaire, et surtout une prestation de sortie qui ne trouve pas de destinataire. Ce dernier cas de figure explique à lui seul une part considérable des avoirs de prévoyance oubliés en Suisse.

Sur le plan juridique, elle fonctionne comme n’importe quelle institution de prévoyance : elle est soumise à la surveillance, tient une comptabilité séparée et gère une fortune qui ne lui appartient pas. L’argent qu’elle détient reste le vôtre, quelle que soit la durée du dépôt et quel que soit le temps que vous mettez à le réclamer.

Ce que dit un relevé de la Fondation institution supplétiveRelevé annuel, compte de libre passageTitulaire, numéro AVS756.XXXX.XXXX.XXla seule clé de recherche qui compteDate d’entrée de l’avoir12.09.2011six mois après votre sortie de caisseInstitution versanteCaisse de l’ancien employeurla trace de l’emploi d’origineAvoir au 1er janvierCHF 18 400.00dont part obligatoireCHF 11 900.00ce qui reste bloqué en cas de départ vers l’UEIntérêts crédités dans l’annéeCHF 138.00taux fixé par la fondation, souvent modesteAvoir au 31 décembreCHF 18 538.00
Exemple illustratif. Deux lignes valent la lecture attentive : la date d’entrée, qui pointe vers l’emploi que vous aviez oublié, et la part obligatoire, qui décide de ce qui pourra un jour vous être versé en espèces.

Les trois mandats de la fondation

Affilier d’office les employeurs défaillants

Un employeur suisse qui occupe du personnel soumis à la LPP doit s’affilier à une institution de prévoyance. S’il ne le fait pas, la fondation le rattache d’office, avec effet rétroactif, et réclame les cotisations. Le salarié reste ainsi couvert, même quand son patron a ignoré ses obligations pendant des années. Si vous avez travaillé dans une très petite structure, votre avoir peut donc se trouver là sans que vous ayez jamais entendu le nom de cette caisse.

Assurer les chômeurs et les affiliations volontaires

Les personnes au bénéfice d’indemnités de l’assurance chômage restent assurées pour les risques décès et invalidité auprès de la fondation. Elle accueille aussi les indépendants et les salariés qui souhaitent maintenir volontairement leur prévoyance. C’est un point utile pour toute personne ayant connu une interruption de carrière ou une période de chômage, car cette affiliation laisse une trace administrative exploitable des années plus tard.

Conserver les avoirs de libre passage sans destinataire

C’est le mandat qui vous concerne le plus directement. Lorsqu’une caisse de pension ne parvient pas à transférer votre prestation de sortie, la loi lui impose, passé un délai de six mois, de la verser à la Fondation institution supplétive LPP. Celle-ci ouvre alors un compte de libre passage à votre nom. Vous devenez titulaire d’un compte que vous n’avez jamais demandé, auprès d’une institution dont vous ignorez souvent l’existence.

Comment un avoir atterrit chez elle

Le mécanisme est toujours le même, et il ne suppose aucune faute de votre part. Il suffit qu’une information manque au bon moment.

1Sortie de caisseVotre affiliation prend fin,la caisse calcule votreprestation de sortie2Recherche du destinataireElle attend le nom de votrenouvelle caisse ou d’unefondation de libre passage3Six mois de silenceAucune instruction ne luiparvient, elle ne peut pasgarder l’argent4Versement d’officeL’avoir part à la Fondationinstitution supplétive et yresteLe chemin d’une prestation de sortie sans instruction
Aucune étape ne dépend de vous, sauf la deuxième. C’est la seule où une simple lettre indiquant votre nouvelle caisse aurait suffi à éviter tout le reste.

Quatre parcours mènent presque toujours au même endroit. Un changement d’employeur sans transmission des coordonnées de la nouvelle caisse, une période sans activité entre deux postes, un départ de Suisse sans instruction laissée à la caisse, ou encore une part de prévoyance attribuée lors d’un divorce alors que le bénéficiaire n’était affilié nulle part.

Le délai de six mois se compte depuis la fin de votre affiliation, pas depuis la fin du contrat de travail, et il court sans que personne ne vous le rappelle. Une caisse consciencieuse envoie un courrier de relance, mais elle l’adresse à l’adresse figurant à son dossier. Si vous avez déménagé le mois précédent, ce qui arrive très souvent lors d’un changement de vie professionnelle, ce courrier ne vous atteint jamais et le compte à rebours s’écoule quand même.

Dans les quatre cas, la caisse d’origine agit correctement : elle applique la loi. Le problème n’est pas le versement, il est l’information. Une fois l’argent transféré, votre ancienne caisse considère le dossier clos et n’a plus aucune raison de vous écrire.

Ce que devient l’argent une fois déposé

Votre avoir est inscrit sur un compte nominatif, identifié par votre numéro AVS. Il porte intérêt à un taux fixé périodiquement par la fondation, généralement proche de ce que servent les autres fondations de libre passage, et donc souvent inférieur au rendement d’une caisse de pension active. Sur vingt ans, cet écart de rémunération se chiffre en milliers de francs.

En contrepartie, le capital n’entre pas dans votre fortune imposable tant qu’il reste en libre passage et les intérêts ne sont pas imposés comme revenu. Il n’est pas non plus saisissable dans les mêmes conditions qu’un compte bancaire ordinaire. Le dépôt n’est donc pas une catastrophe financière : c’est une immobilisation à bas rendement, doublée d’un risque d’oubli.

Attention

La fondation écrit à la dernière adresse que lui a transmise votre ancienne caisse, c’est-à-dire souvent celle que vous aviez il y a quinze ou vingt ans. Après quelques retours de courrier, elle cesse d’écrire et le dossier passe en sommeil. Ce silence n’a aucun effet sur vos droits, mais il explique pourquoi tant de personnes ignorent totalement l’existence de leur compte.

Ce que la fondation ne fait pas

Il est aussi important de savoir où s’arrête son rôle. La Fondation institution supplétive LPP ne recherche pas ses titulaires. Elle n’interroge ni le contrôle des habitants, ni l’administration fiscale, ni la caisse de compensation qui, elle, connaît parfaitement votre adresse actuelle. Elle attend que vous vous manifestiez, et ce déséquilibre est à l’origine de la plupart des situations d’oubli.

Elle ne regroupe pas non plus vos avoirs. Si trois sorties de caisse successives ont donné lieu à trois versements d’office, vous pouvez avoir plusieurs positions distinctes, éventuellement ouvertes sous des orthographes différentes de votre nom. Enfin, elle n’a aucune vision de ce que détiennent les autres institutions : elle répond uniquement pour elle-même, ce qui explique qu’une réponse négative de sa part ne referme qu’une seule des pistes possibles.

Institution supplétive, Centrale du 2e pilier, fondation bancaire : qui fait quoi

La confusion entre ces trois acteurs est la première cause de recherche mal orientée. L’un tient un registre, les deux autres détiennent de l’argent.

Interlocuteur Rôle exact Détient l’argent Sa limite
Fondation institution supplétive LPP Caisse de dernier recours, gère des comptes de libre passage ouverts d’office Oui Elle ne sait rien des avoirs restés ailleurs
Centrale du 2e pilier Registre des avoirs annoncés par les institutions Non Elle ne voit que ce qui lui a été annoncé
Fondation de libre passage bancaire ou d’assureur Détient le compte ou la police que vous avez désigné Oui Elle ne se manifeste que si votre adresse est juste

Bon à savoir

Interroger la Centrale du 2e pilier ne dispense jamais d’interroger la Fondation institution supplétive, et l’inverse est tout aussi vrai. Les deux démarches sont gratuites, indépendantes, et ne se recouvrent que partiellement.

Comment interroger la Fondation institution supplétive LPP

La demande se fait par écrit. Elle suppose votre numéro AVS à treize chiffres, votre identité complète, une copie de pièce d’identité et une signature. Le numéro AVS est la clé principale : c’est lui qui permet de retrouver un dossier ouvert sous un nom de jeune fille, une orthographe approximative ou une adresse disparue depuis longtemps.

Les indices qui justifient d’interroger la fondationJ’ai quitté un employeur suisse sans savoir où est allée ma prestation de sortieJ’ai connu une période de chômage ou une interruption entre deux contratsJ’ai quitté la Suisse sans donner d’instruction à ma caisse de pensionJ’ai reçu une part de prévoyance à la suite d’un divorce sans être affilié à une caisseJ’ai travaillé pour une très petite entreprise, peut-être affiliée d’officeJe n’ai jamais reçu de relevé annuel pour l’un de mes anciens emplois
Une seule ligne cochée suffit pour lancer la démarche. Elle ne coûte rien et la réponse, positive ou négative, ferme définitivement une piste.

Une réponse négative n’est pas une conclusion. Elle signifie seulement que cette institution précise ne détient rien à votre nom, ce qui laisse entières les pistes des caisses de pension de vos anciens employeurs et des fondations de libre passage privées. C’est la raison pour laquelle une recherche complète interroge plusieurs registres en parallèle plutôt qu’un seul.

Si un avoir existe, trois suites sont possibles : le transférer dans la caisse de votre employeur actuel, le laisser où il est jusqu’à la retraite, ou en demander le versement si vous remplissez l’un des motifs légaux. Le fait qu’il ait dormi vingt ans ne change rien à vos droits, et il ne se prescrit pas de votre vivant.

Ce qu’il faut retenir

  • La Fondation institution supplétive LPP reçoit d’office toute prestation de sortie sans destinataire après six mois
  • Le compte est nominatif, conservé sans limite de durée et rémunéré à un taux modeste
  • Elle n’écrit qu’à la dernière adresse transmise par votre ancienne caisse
  • Elle détient de l’argent, la Centrale du 2e pilier ne tient qu’un registre
  • Le numéro AVS suffit pour interroger la fondation, même sans aucun document d’époque

Vérifiez gratuitement si un avoir vous attend

Quatre étapes, dix minutes. Nous interrogeons la Centrale du 2e pilier, la Fondation institution supplétive et plus de 1 500 caisses de pension et fondations de libre passage. Vous recevez le résultat par écrit, sans engagement.

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Questions fréquentes

Comment contacter la Fondation institution supplétive LPP ?

La demande se fait par écrit, avec votre identité complète, votre numéro AVS et une copie de pièce d’identité. La fondation dispose d’agences régionales, dont une pour la Suisse romande, et la démarche est gratuite. Comptez généralement quelques semaines de traitement.

Puis-je perdre mon argent si je ne réclame jamais rien ?

Non, pas de votre vivant. L’avoir reste inscrit à votre nom et continue de porter intérêt. Les avoirs de personnes qui atteindraient un âge très avancé sans jamais s’être manifestées sont transférés au Fonds de garantie LPP, mais cet horizon dépasse de très loin toute situation réelle.

Un compte à l’institution supplétive rapporte-t-il autant qu’une caisse de pension ?

Non. Le taux servi est fixé par la fondation et se situe dans la fourchette des fondations de libre passage, en général en dessous de ce qu’une caisse de pension crédite à ses assurés actifs. Si vous êtes salarié en Suisse, transférer l’avoir dans la caisse de votre employeur est presque toujours plus favorable.

Mon employeur n’a jamais cotisé pour moi, ai-je quand même un avoir ?

Probablement oui, si votre salaire dépassait le seuil d’entrée LPP. L’employeur défaillant est affilié d’office et les cotisations arriérées lui sont réclamées, y compris rétroactivement. Votre avoir de vieillesse est reconstitué même si l’entreprise a entre-temps disparu.